La visite
Chère Anna,
Je dois avouer que moi non plus je ne comprenais pas. Pourquoi le Juge d’Instruction a-t-il autorisé mes visites à votre parloir ? Je ne suis membre d’aucune association favorisant la réinsertion des prisonniers… (mais qu’à cela ne tienne, nous pourrons parler réinsertion lors de ma prochaine visite). Et le plus étonnant comme vous me l’avez fait remarquer, c’est que j’ai trouvé la patience de préparer le dossier, et que je suis allé jusqu’au bout de la démarche en prenant contact avec la Maison d’Arrêt.
Je ne peux pas répondre de la décision du Juge, c’est lui qui décide souverainement des autorisations. Par contre en ce qui me concerne, les raisons de mon inhabituelle diligence me sont apparues avec une clarté éblouissante lors des dernières secondes de notre entretien. Les dernières secondes, celles qui n’étaient pas prévues. Dues sans doute à un petit cafouillage du côté des surveillants. Mais comme nous allons le voir, il n’y a pas de hasard.
Point de vue politique
En fait pour commencer, vous m’avez fait part de votre souhait de recevoir de la documentation sur la politicienne Simone Veil, qui a eu un grand rôle dans la législation de l’avortement. C’est une demande forte de votre part, puisqu’elle a été relayée dans l’après-midi par nos camarades de Vigimédias. Et c’est encore un sujet d’actualité, puisque le seul changement constitutionnel qu’a réussi à opérer Emmanuel Macron concerne justement le droit effectif à l’avortement.
La majorité des 3 cinquièmes au Congrès ayant été acquise, nous pouvons considérer que la grande majorité des Français est maintenant favorable à ce droit inaliénable de la femme à disposer de son corps. Mais comme vous l’avez bien perçu, je ne suis pas vraiment sur cette longueur d’onde; laissez-moi maintenant préciser ma position: à mon avis il ne devrait pas avoir de loi, ni autorisant, ni interdisant l’avortement. C’est le médecin qui décide.
Mon point de vue
Si j’étais médecin (et je le rappelle, je ne suis pas médecin, je suis informaticien), je m’en tiendrais avant tout au serment d’Hippocrate. Si une femme arrive dans le besoin, et que j’estime que la poursuite de la grossesse mettrait sa vie en danger, alors que pourrais pratiquer l’avortement sans aucun état d’âme. Dans tous les autres cas je serais beaucoup plus réservé, et je pense que je dirais non. Pourquoi ? C’est justement ce que je vais vous expliquer.
Mon point de vue est j’en conviens assez passéiste, puisque qu’actuellement la question ne se pose absolument pas dans ces termes: la quasi-fonctionnarisation des médecins ne date pas de la crise COVID, et de nos jours le médecin ne décide pas grand chose. Il se soumet aux protocoles, faute de temps à accorder au patient. Et je n’insisterai pas sur ce sujet que je ne connais pas, inutile de répéter pourquoi. Par contre ce que je connais, c’est l’aspect spirituel de la question.
La littérature spirituelle
Je l’ai étudié, la littérature est abondante sur le sujet. Le premier livre auquel je pense, Physiologie de l’âme d’Hercilio Maes. On peut aussi mentionner les classiques, notamment la série de Chico Xavier au sujet de la vie dans le monde spirituel. Des auteurs brésiliens. J’ai bien compris que ce n’est pas le genre de lecture qui vous attire, vous préférez ce qui est beaucoup plus concret, mais je vous balance des titres comme ça, pour vos vieux jours.
En rappelant que, tout de même, et comme vous me l’avez fait remarquer, la mort peut arriver à n’importe quel moment. Peut-être demain, peut-être dans deux minutes, nous ne connaissons ni le jour ni l’heure. Et il est regrettable que ni mon Catholicisme, ni votre Orthodoxie ne soient très crédibles quant-à ce qui ce passe après la mort. Pourtant normalement les religions c’est leur taf de nous expliquer ça. Mais le ciel et l’enfer, c’est pas très crédible.
Le ciel et l’enfer
Surtout pour un Dieu d’amour qu’on imagine mal tolérer des souffrances éternelles pour une quelconque de ses créatures. À cela s’ajoute le concept de justice, dont on imagine difficilement la réalisation pour un fœtus avorté: il va au paradis, ou en enfer ? Un stage au purgatoire d’abord ? S’il finit en enfer c’est particulièrement injuste pour lui, pour cette âme, puisqu’il n’a rien fait de mal. Mais s’il finit au paradis, c’est injuste pour une grosse partie des gens qui finissent enfer.
En effet, ces derniers ont peut-être pratiqué le mal, mais c’est parce qu’ils ont eu des occasions de le faire. Occasions auxquelles l’âme incarnée dans un fœtus ou même un embryon n’a pas été soumise… Comment s’en sortir ? Les spiritualités et même des religions orientales ont la solution depuis longtemps: la réincarnation. L’âme a la possibilité de s’incarner plusieurs fois sur Terre. De très nombreuses fois, afin de s’épurer pour pouvoir atteindre des niveaux supérieurs.
Les progrès de l’âme
Dans une vision occidentale, on y adjoint la notion de progrès. À savoir que l’âme, dans sa progression vers la perfection divine, peut stagner aussi longtemps qu’il lui plait à un niveau d’élévation moral donné. Mais la régression durable est rendue impossible par les lois de Dieu. Comme le dit Allan Kardec, « naître, vivre, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi ». Loi à laquelle l’auteur français ajoute: « hors charité, point de salut ».
Au cours de ses existences, l’âme incarnée va vivre souffrances physiques et épreuves morales. Ces inconvénients sont les conséquences directes des vices encore incrustés dans l’âme, et qui s’attachent encore et encore du fait des mauvaises pensées, aggravées ensuite par le passage à l’acte dans des circonstances désastreuses. La souffrance physique, par exemple, résulte de la descente dans la chair de venins spirituels que l’âme a contractés parfois dans cette vie, mais bien souvent dans une précédente, même très lointaine.
La douleur
Cela explique par exemple certains cancers ou les douleurs insupportables qui poussent de nombreuses femmes à implorer le chirurgien de leur pratiquer l’hystérectomie, l’ablation de l’utérus. L’utérus, ce magnifique sac que Dieu a mis dans le corps de la femme pour que bébé soit bien à l’abri, et parfois dédaigné par la femme qui par égoïsme ou par manque de foi se laisse aller à l’avortement. Cependant, après l’acte la femme qui a avorté est souvent prise de remords.
Elle sent au fond d’elle même qu’elle a fait quelque chose qui la met mal à l’aise. Car évidemment, si dans les intérêts de la société matérialiste l’avortement peut paraître naturel, du point de vue de l’âme, qui évolue dans le monde des âmes, le tableau est tout autre. La procréation donnait l’opportunité à une âme de se réincarner pour pouvoir se décharger à son tour des venins que seule la matérialité peut accepter. Mais la faveur qui t’a été accordée pour cette vie et ces expériences, toi tu la refuses à ton prochain.
La repentance
Tu invoques les difficultés matérielles, le fait que tu t’es peut-être fait violer, mais si tu ne sais même pas quand tu vas mourir, que sais-tu de demain ? Dieu t’a tout donné pour que tu vives jusqu’ici, penses-tu qu’il te déshéritera si tu donnes tout à ton tour pour permettre à une autre âme d’investir les scènes de la vie ? Toute ces questions qui se posent à la femme qui a avorté ne peuvent trouver de réponses que lorsque l’âme a déjà mûri, parfois même après de nombreux cycles d’incarnation dans un corps d’homme.
À ce moment, l’âme se rend compte qu’elle ne peut continuer avec une telle tache, et elle accepte d’elle même de la dissoudre dans la souffrance du corps, à l’occasion d’une nouvelle incarnation. L’utérus a été l’outil dont elle n’a pas voulu se servir, c’est lui qui va prendre. Mais ce n’est qu’un exemple. Et il ne faut pas croire non plus que toutes les difficultés que nous rencontrons sur terre sont le fruit du Karma.
Innocence
Notamment, je ne crois pas que votre séjour en prison soit lié à des erreurs passées. Vous êtes une âme d’exception, Anna, et parfois les peuples en ont besoin pour mettre en évidence les mensonges manipulatoires des politiciens. Macron veut faire croire à une guerre hybride sur notre sol. Mais il n’a aucune preuve, donc il n’a d’autre choix que de faire incarcérer des innocents.
Bibliographie sur le spiritualisme kardeciste
- Hercilio Maes Physiologie de l’âme
- Chico Xavier La vie dans le monde spirituel
- Allan Kardec Le Livre des Esprits
- Abel Glaser Ma vie en gestation
Anna Novikova sur Agoravox
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- Espionne ou monnaie d’échange
- Je ne comprends toujours pas la haine
- La cabale infernale du nouvel État français
- Deux humanitaires emprisonnés en France
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